02
jui
Whatever Works

C'est donc un Woody Allen au sommet d'une vague nouvelle où "creux" rime avec "aventure européenne" que l'on retrouve, un Woody Allen déchaîné et comme toujours coutumier de cet hallucinant débit de parole faisant jeu égal avec la qualité intrasèque de l'écriture, toujours aussi pernicieusement délectable.
Il faut dire que les deux comédiens en tête d'affiche portent cette comédie totalement barrée avec un talent tel qu'on leur décernerait bien sinon un Oscar la palme de l'autodérision, leur prestation flirtant à chaque instant avec la perfection de l'imperfection. Figure burlesque de toujours, la maladresse n'est pas dans l'accident gestuel mais dans cette incapacité à prendre le moindre recul sur les conséquences d'un propos tragiquement acerbe ou ridiculement risible, Larry David et Evan Rachel Wood étant les parfaits pantins de cet enrobage narcissique. Le premier rappelle sans mal Woody lui-même, ajoutant au gré de son interprétation une présence physique emprunt d'un flegme misanthropique. La seconde remplace sans peine Scarlett Johansson, éclaboussant l'écran d'un talent certain pour la comédie quand on ne connaissait d'elle que ses allants dramatiques.
Parce qu'on aura beau dire, c'est aussi l'un des dons de ce réalisateur que de déceler l'indécelable chez un acteur, qu'il s'agisse d'un talent pour la comédie ou d'une présence différente devant la caméra, trouvant l'angle sous lequel on ne le filme jamais, rendant permissif ce que l'on osait susurrer sous peine de passer pour un parfait idiot aux yeux des gens du milieu. Point de vue étrange qui plus est quand on cherche à capturer sur la pellicule l'absurde, qu'il soit philosophique ou métaphorique, qu'il se retrouve dans une situation ou dans un geste. Chez Allen, il est souvent dans le langage. Dans Whatever Works, il sera dans l'échange. Et c'est là que réside la mini-révolution : cet Allen-là apporte du sang neuf sans que l'on ne s'en aperçoive au premier coup d'oeil, faisant de ce dernier-né une oeuvre singulière dont on aurait tort de se priver.
En bref : Woody Allen est de retour à Manhattan, et c'est tout son cinéma qui s'en ressent. Sous les traits d'un Larry David impérial, le réalisateur new-yorkais retrouve son talent à filmer une histoire travaillée au corps et signe du même coup son meilleur film depuis Match Point. A voir de toute urgence !
En bref : Woody Allen est de retour à Manhattan, et c'est tout son cinéma qui s'en ressent. Sous les traits d'un Larry David impérial, le réalisateur new-yorkais retrouve son talent à filmer une histoire travaillée au corps et signe du même coup son meilleur film depuis Match Point. A voir de toute urgence !
Rang : A
Plus d'infos sur ce film
This entry was posted
on 02 juillet 2009
at jeudi, juillet 02, 2009
and is filed under
Critique de film
. You can follow any responses to this entry through the
comments feed
.