Doute  

Posted by Azariel in


John Patrick Shanley pourra remercier son trio d'acteurs, sans qui son second long métrage intitulé sobrement Doute et tiré d'une pièce de théâtre qu'il a lui-même écrite ne vaudrait pas grand chose.

Non pas que le film soit désagréable à l'oeil, la volonté de mettre en scène cette histoire de curé commettant l'impensable de manière froide et placide (pour ne pas dire plate) renforce le sentiment d'étouffement dans lequel le spectateur se trouve plongé au fur et à mesure que la lumière semble éclairer les ombres dissimulant la vérité. Mieux encore, cela participe à installer une tension de tous les instants et contribue à mettre en avant le duel qui s'est engagé entre une Meryl Streep aussi rigolote qu'une glioblastome foudroyante et un Philip Seymour Hoffman aussi trouble qu'inquiétant.

Mais malgré l'idée d'installer son récit dans une période charnière de l'histoire des États-Unis, alors que la ségrégation raciale peine à quitter les coeurs haineux, malgré une Amy Adams des grands jours dans ce rôle de femme d'église en proie aux doutes, jusqu'à la contagion finale, le cinéaste n'arrive jamais réellement à transcender cette histoire trop peu cinématographique pour quitter les planches de théâtre où elle aurait dû rester. Il manque du grandiose, il manque du spectaculaire, il manque un souffle épique, et surtout il manque des réponses pour cerner qui de l'intime conviction ou du détournement de mineurs est réellement ciblé.

Un huit clos qui plonge dans le doute, sans conteste. Mais qui aurait gagné à travailler son intensité dramatique, sans aucun doute.

Rang : D

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This entry was posted on 11 février 2009 at mercredi, février 11, 2009 and is filed under . You can follow any responses to this entry through the comments feed .

6 commentaires

Anonyme  

Ce qui m'a le plus déçue, c'est la petitesse du doute. Deux petites anecdotes sans conséquence et hop! Nous voilà censés être dans le DOUTE, alors que finalement, on a juste du mal à s'y intéresser.
Dommage que le cinéaste ne soit pas allé plus loin dans l'ambiguïté de ses personnages.
Et quid du jeune London, là-dedans?
Et alors l'effondrement final de Meryl Streep, on a vraiment du mal à y croire.
Cependant, la conversation entre la Principale et la mère est un grand moment: deux mondes incapables de se comprendre et la relativité de l'inacceptable comme on ose rarement en parler.

12 février 2009 à 11:34

@ Sylvaine : C'est effectivement l'une des séquences la plus intéressante du film. Mais au final il n'y aura pas grand chose à retenir de Doute, qui comme tu l'as dit n'a pas su mettre en lumière son thème principal. Ou alors c'est que le réalisateur espère que l'on se pose la question des jours entiers si la culpabilité de Philip Seymour Hoffman est avérée. Il n'avait peut-être pas imaginé qu'au final, on s'en fiche un peu.

12 février 2009 à 11:54
Anonyme  

Je suis d'accord en tout avec Sylvaine, ainsi que sur le regret de ne pas voir se développer les personnages secondaires (London, mais aussi James, sur qui le film commence, tout de même!).
Des acteurs magnifiques, un style d'image plutôt réussis et des dialogues parfois bien foutus, mais vraiment ça manque de volume, et d'intérêt surtout, comme vous le dites tous les deux.

13 février 2009 à 00:19
Anonyme  

Je vais le voir ce weekend, d'après ta critique c'est un peu décevant :( On verra bien, je repasserais ici quand je l'aurais vue ;)

13 février 2009 à 19:29
Anonyme  

Voilà, je l'ai vu ;) Pour ma part, j'ai apprécié le film malgré quelques manques... Pour le doute, je trouve justement qu'il est bien maintenu tout du long (sauf à la fin)....

20 février 2009 à 19:41

@ Aleks : J'ai lu ta critique sur ton blog, je trouve que tu ne sais pas être méchante avec les films qui auraient besoin d'être bousculés un peu plus... La phobie de la mauvaise note ? :p

Je te taquine bien évidemment, il n'en demeure pas moins que même si je ne me suis pas ennuyé devant Doute, dresser le bilan du film ne me permet pas de tenir sur lui un discours élogieux. D'où la teneur de ma critique.

20 février 2009 à 19:50

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