Brothers

Là où Sheridan est le meilleur, c'est lorsqu'il montre un Tobey Maguire captif, prisonnier avec le seul survivant de son unité après que leur hélicoptère se soit crashé en plein Afghanistan, mais également prisonnier avec lui-même. Là où il aurait pu être meilleur, c'est lorsqu'il s'intéresse à la famille du militaire inflexible en apparence, cette dernière le pensant mort, alors qu'elle tente de se reconstruire. Entre une femme rongée par le chagrin (Natalie Portman) et un frère un rien looser (Jake Gyllenhaal) cherchant à combler le vide laissé derrière le funeste, il y avait pourtant matière à broder. Mais le refus d'un parti ou de l'autre créé des attentes qui ne seront jamais assouvies, l'émotion n'arrivant pas à s'émanciper d'un trio d'acteurs pourtant au diapason. Un non-choix rendant tous les efforts du cinéaste caducs.
Trop timide dans sa construction et trop prétentieux dans sa démarche, le film perd en intensité ce qu'il gagne en lisibilité. La famille mise en abîme a pourtant des démons qu'il est passionnant de sonder, mais le propos atténué par la multiplicité auparavant évoquée n'apporte pas la vigueur que les grands récits tragiques portent en leur germe pour tantôt bouleverser, tantôt révolter.