Rien de personnel  

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Rien de personnel se présente à nous au travers d'une trinité formelle convaincante, une construction sophistiquée et alambiquée qui nous dévoile selon le point de vue adopté une réception d'entreprise se transformant en machiavélique exercice de coaching dans laquelle trois cadres vont découvrir que le dindon de la farce n'est pas toujours celui que l'on croit. Avec cette intrigue aux tiroirs à double fond, Mathias Gokalp rend passionnantes les questions de cinéma que l'on peut se poser parfois : ici, en chargeant de sens toute la puissance d'un cadrage au gré des séquences se répétant selon les chapitres segmentés, le cinéaste parvient à mettre en abîme la nature du hors-champ, lui conférant une densité narrative en trompe-l'oeil que le spectateur s'amusera à déceler pour comprendre que ce que l'on montre n'est pas toujours ce que l'on doit voir.

Seule ombre au tableau, et non des moindres, l'élan expérimental et la confusion des troubles esquissant le jeu de regards que portent les personnages les uns sur les autres faussent le rythme de cette fable cruelle qui peine à trouver la bonne formule avec un montage qui ne va pas toujours à l'essentiel. Et à voir se répéter certaines séquences, il n'est pas impossible que l'ennui prenne hélas le pas sur la dimension ludique.


Rang : C

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Julie et Julia  

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Au delà de l'adaptation conjointe des livres de Julie Powell et Julia Child, Julie et Julia ose le pari insensé de raconter la cuisine à travers le destin onirique de deux femmes à cinquante ans d'intervalle. Chacune trouvera dans l'art culinaire l'étincelle de passion qui faisait défaut à leur vie respective, et chacune découvrira dans l'amour l'ingrédient indispensable qui fait la différence entre le virtuose et le firmament.


Seul arrête dans le plat, l'aventure gastronomique se révèle laborieuse et l'intrigue plombe l'estomac de lourdeurs qui gâchent le plaisir de la dégustation. Si Meryl Streep s'en sort avec les honneurs, il n'en est pas de même pour Amy Adams qui peine à titiller nos papilles, d'autant qu'avec la scénariste de Quand Harry rencontre Sally derrière les fourneaux, on pouvait s'attendre à une recette bien plus épicée. C'est ce manque de finesse et de délicatesse qui ôte à cette sympathique comédie toute sa saveur. Ou presque.



Rang : C

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District 9  

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Peter Jackson nous avait prévenu lors du dernier Comic-Con de San Diego : "Neill Blomkamp a un talent incroyable ! Il semble avoir été envoyé sur Terre pour devenir metteur en scène !". Un coup d'oeil à District 9 suffit à nous convaincre de nous ranger derrière l'un des plus célèbres barbus du septième art (entre Steven Spielberg et George Lucas).

A l'origine, le projet pour les deux hommes d'adapter sur grand écran le jeu vidéo à succès Halo. Microsoft bafouille, le studio fait grise mine : le budget requis est trop conséquent pour tremper le moindre orteil dans le plat. Au final, un scénario hallucinant qui rassemble à nouveau les deux hommes dans lequel il est question d'extraterrestres en transit sur notre bonne vieille planète bleue, précisément au dessus de Johannesburg. Bien mal leur en a pris, car la Terre recèle les pires monstres que les galaxies aient jamais vu naître : les humains. Car comment ne pas tracer ce parallèle entre l'apartheid et le sort réservé aux insectes géants même si le réalisateur, d'origine sud-africaine de surcroît, s'en défend parfois à demis-mots. C'est pourtant là que réside toute la prouesse du script qui réussit à revenir aux sources depuis longtemps taries de la science-fiction, dont le but premier a toujours été d'amener à nous faire réfléchir sur l'ordinaire par le biais de l'extraordinaire. District 9 est en effet un merveilleux outil de transformation du réel en imaginaire, et à travers une démarche esthétique et formelle captivante, il n'est pas rare qu'au coeur du film l'inverse soit également vrai.

Welcome on Earth !

L'approche documentaire des débuts confine au génie justement parce qu'elle empêche la bipolarisation entre réel et réalité, si bien que jamais les affres chimériques du récit ne nous ont paru aussi peu illusoires tant elles rejoignent les travers contemporains au point de leur donner une consistance en tout lieu palpable. Explosant au passage les conventions usuelles du genre imprimées par Hollywood, Blomkamp fait preuve d'une maîtrise et d'un discernement sans précédent pour accuser sans fustiger, parce que son histoire demeure avant tout une histoire et qu'en cela elle doit se dérouler sans perdre le temps nécessaire à surligner. L'habileté dont il fait preuve pour ancrer les événements narrés dans notre réalité fait par ailleurs jeu égal avec la tension si brillamment instaurée, le travail remarquable du directeur de la photographie Trent Opaloch n'étant pas étranger à cette réussite.

Il en est presque regrettable que sur la dernière demie-heure le film bascule lentement vers cette incapacité qu'ont parfois les bonnes idées à se transcender, car si la charge politique est virulente, elle n'en demeure pas allusive et peine à trouver la vigueur de la bouffonnerie de l'Humanité ici épinglée. Troublant de vérité et de sincérité, le réalisme des débuts se meut en solide série B qui fait perdre à l'allégorie sa force narrative sans pour autant cesser de convaincre et d'impressionner. Car pour peu que l'on en vienne à préférer être un Hexapode géant, il n'y a qu'un pas.

Le monstre n'est pas toujours celui qu'on croit.

En bref : Mélange détonnant de références plurielles, l'approche de District 9 n'en demeure pas moins singulière et la virtuosité avec laquelle le sujet est traité redonne ses lettres de noblesse au genre si particulier de la science-fiction. Sacré tour de force de la part du jeune réalisateur Neill Blomkamp qui a trouvé en la personne de Peter Jackson un parrain de choix. Au regard de ce premier long métrage, le soutien indéfectible du célèbre néo-zélandais est amplement mérité.


Rang : B

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Le Coach  

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Au petit jeu du couple antinomique, valse habituelle des comédies françaises des seventies, il faut qu'il y ait tant complémentarité que dualité pour que l'affaire soit emballée. Dans le cas présent, le courant passe à merveille. Richard Berry dans ce rôle de coach surdoué quand il s'agit de remettre un train sur ses rails mais incapable de gérer ses pulsions ludiques, et Jean-Paul Rouve en directeur lunaire un brin benêt mais terriblement attachant forment un duo détonnant. Leur complicité à l'écran fait plaisir à voir mais elle n'efface pas pour autant les carences qui font du film d'Olivier Daran une agréable comédie quand elle aurait pu prétendre à davantage.

En effet, les facilités scénaristiques plombent l'ensemble et la mise en scène manque singulièrement d'audace, Le Coach ne se donnant à aucune moment les moyens de surprendre son public. Dommage également que les seconds couteaux soient aussi peu aiguisés, car il n'en faut parfois pas davantage pour bien dresser une table.



Rang : C

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Premier trailer de Solomon Kane  

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Amis de la fantaisie, la fantaisie vous appelle ! Et si la grande surprise de l'année, c'était lui ? Solomon Kane est en effet un projet dont on entend peu parler (la faute à un réalisateur, Michael J. Bassett, peu connu ?) mais ce premier trailer annonce pourtant d'emblée la couleur : il faudra compter avec cette adaptation de l'oeuvre de Robert E. Howard (besoin de préciser qu'il est à l'origine de Conan le Barbare ou de Red Sonja ?) qui parait aussi alléchante que prometteuse ! Vous en doutez ? Pas après cela !



Les inspirations semblent multiples (on pourrait se plaire à voir des similitudes avec Le Seigneur des anneaux, Kingdom of Heaven, Guns 1748, Van Helsing, V pour Vendetta, ou encore le célèbre jeu de Blizzard Diablo) mais ces quelques images donnent à penser que la fin de l'année n'appartiendra peut-être pas qu'à James Cameron. Réponse le 23 décembre avec James Purefoy dans le rôle-titre !

Ma vie pour la tienne  

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Nick Cassavetes est décidément coutumier des histoires poignantes, le fils des deux légendes du cinéma que son John Cassavetes et Gena Rowlands ayant fait du mélodrame son genre de prédilection. Auteur du vibrant She's so lovely, Cassavetes s'était hélas quelque peu perdu avec N'oublie jamais, pourtant doté d'un script en or. En adaptant le roman de Jodi Picoult intitulé My Sister's Keeper, il réitère sur la base d'une histoire déchirante en racontant le combat d'un couple incapable d'accepter la mort en devenir de leur fille aînée atteinte d'une leucémie, multipliant les opérations pour la maintenir en vie. Jusqu'au jour où la cadette, génétiquement compatible, décide de ne plus faire don de ses organes.

A trop insister sur les violons, la mélodie se noie dans un vacarme d'émotions. Ne se mettant jamais en danger, Cassavetes se contente d'une mise en scène conventionnelle et peine à ménager ses effets, l'épaisseur des ficelles trahissant un manque de grâce et de subtilité. Bien sûr les acteurs sont bouleversants et leur performance ne manquera pas d'ébranler les moins sensibles d'entre nous. Mais quelques larmes n'empêcheront pas le pire de jaillir (ralentis pompeux, sentences philosophiques en voix off convenues, éclatement sirupeux du récit) et d'empiéter sur le meilleur. Certains s'en contenteront, d'autres préfèreront économiser sur le budget "mouchoirs".


Rang : C

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[Box Office semaine 36] Sacrée bande de Basterds !  

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Vous le savez ou pas, mais j'adore le tennis. J'en ai longtemps pratiqué, et il m'arrive aujourd'hui encore de taper la balle pour mon plus grand bonheur. Seulement, côté cinéma, à part La Plus belle victoire qui est une comédie romantique très sympathique (et qui a la merveilleuse qualité de compter la délicieuse Kirsten Dunst à son casting), il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. A quand un film de Gus Van Sant sur les errances d'un jeune joueur en devenir, ou d'Oliver Stone sur les travers d'un monde où drogue et argent s'invitent régulièrement ?


The Top :
  • Peu à dire cette semaine, sinon qu'Inglourious Basterds continue de caracoler en tête, que Neuilly sa mère ! se révèle être la surprise française de l'été, que Là-haut s'approche des quatre millions d'entrées, ou encore que Non ma fille, tu n'iras pas danser tire son épingle du jeu parmi les nouveautés de la semaine. Non vraiment, ce box-office ne rend pas bavard.

The Flop :
  • Pas de grosse gamelle à mettre en lumière, si ce n'est que Tu n'aimeras point rassemble 30 846 spectateurs pour sa première semaine d'exploitation, mais ne dispose que d'un parc restreint de salles le diffusant (54).

Je vous quitte donc avec la pensée du jour, et si jamais vous aviez à tout hasard le numéro de téléphone de Kirsten, soyez sympas et faites tourner : on est jamais trop gentleman pour dire à une femme à quel point elle est ravissante !