Retour au cinéma expérimental pour Steven Soderbergh trois ans après l'étonnant Bubble. Seize jours ont été nécessaire pour mettre en boîte Girlfriend Experience, sorte d'agenda à mi-chemin entre fiction éthérée et documentaire incandescent d'une escort girl fournissant davantage que son corps aux clients fortunés louant ses services. Une vie professionnelle bien remplie qui n'ampute en rien sa vie personnelle occupée par un compagnon au fait de ses activités, et s'en accommodant sans mal sous réserve que certaines règles soient établies et respectées. Jusqu'à ce qu'un jour, l'une d'elles soit transgressée...Derrière la caméra, Sasha Grey, véritable star de l'industrie pornographique, peine à nous faire oublier qu'ici seule la recherche esthétique formelle est véritablement aboutie. Soderbergh attache tellement d'importance à la forme qu'il en oublie le fond. Le cinéaste a beau multiplier les facettes d'une esquisse volontairement inachevée dans le but d'ornementer de consciences profondes le sens premier d'un discours étonnamment convexe, cet exercice de style enivré d'élégance s'avère avant tout particulièrement insipide. Le film relève davantage du fantasme cérébral obscur que de l'expérience creusée dans sa substantifique superficialité éclairée. En deux mots : radieusement emmerdant.
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