L'Emmerdeur  

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Si l'on me dit que L'Emmerdeur est un film mettant en scène un bon duo d'acteurs, au jeu subtil et indéniablement complémentaire, je vous rappelle que Francis Veber a dirigé des binômes bien plus inspirés comme Jean Reno et Gérard Depardieu dans Tais-toi !

Si l'on me dit que L'Emmerdeur est un film hilarant de par la gouaille et le dynamisme de ses répliques, je vous conseille de revoir Le Dîner de cons.

Si l'on va jusqu'à me dire que le film est bien réalisé, mis à part vous conseiller de voir un bon ophtalmo', je ne peux que vous renvoyer à l'original mis en scène par Molinaro.

D'ailleurs si l'on me dit que Veber utilise parfaitement l'espace des deux chambres d'hôtel dans lequel la quasi-intégralité des évènements se déroulent, j'en conclu que vous n'avez pas encore vu Chambre 1408.

Si l'on me dit qu'à défaut d'être drôle, c'est toujours plaisant de retrouver l'inénarrable François Pignon sur nos écrans, je resterai poli en vous disant que cela fait 30 ans qu'on se le cogne et que contrairement à James Bond, il a pris de sacrées rides.

En revanche, si vous me dites que ce film est une "merde", je vous trouverai un peu dur : allez voir Agathe Clery ou trouvez le DVD de Mamma Mia ! pour vous en convaincre. Vous verrez qu'on arrive quand même à faire pire.

Rang : D

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[Box Office semaine 49] Madagascar & Clery sur un bateau...  

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... et on aurait bien aimé que Clery tombe à l'eau ! Quand je disais que la France était terre de mauvais goût...

(Cliquez sur le tableau pour l'aggrandir)

The Top :
  • Madagascar 2 écrase de tout son poids le box office national de cette semaine avec dès sa première semaine d'exploitation plus d'un million d'entrées. Une amie travaillant à UGC fut très heureuse de ce succès : elle a eu plein d'enfants à gérer pour son plus grand bonheur ! (Karolyn, si tu me lis, cette dédicace est pour toi ^^)
  • Agathe Clery attire quant à lui 450 544 tarés âmes curieuses, succès devant beaucoup au génie de sa bande annonce, à la fois sobre et annoncant la couleur. La question est : pourquoi Clint Eastwood et Ridley Scott ne vous font pas le même effet ?
  • Le Transporteur 3 continue son petit bonhomme de chemin et malgré une baisse de 53% de fréquentation, se paie le luxe de dépasser le million d'entrées dès sa seconde semaine d'exploitation. Mission réussie pour Luc Besson.
  • Two Lovers quant à lui dépasse les 500 000 fauteuils occupés, ce qui est fort honorable pour un genre n'attirant généralement pas la foule (on préfère voir Léo se prendre pour un avion à la proue d'un bateau, que voulez-vous...)
  • Dernier mot sur Pour elle qui enregistre 235 480 places vendues, un bon démarrage pour sa première semaine à l'affiche.

The Flop :
  • Le Prix de la loyauté dépasse à peine les 100 000 entrées après une semaine dans les salles obscures, ce qui ne laisse pas présager une très longue carrière.
  • Comme une étoile dans la nuit, ode à l'amour sublime et intemporelle, n'apparait même pas dans ce top 10 (bah oui, on préfère voir Léo se prendre pour un avion à la proue d'un bateau, que voulez-vous bis...)
  • Fin de carrière annoncée pour Quantum Of Solace et Vilaine, avec respectivement une baisse de fréquentation de 59 et 56%. Une très belle carrière chez nous pour ces deux films tout de même.

Sur ce, je retourne à November Rain de Guns N' Roses et je vous souhaite à toutes et tous un merveilleux week-end plein de films et de tendresse.

Secret Défense  

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Nouvelle incursion française dans le film d"espionnage, genre pourtant monopolisé par Hollywood, Secret Défense débarque un mois après Mensonges d'État et, ô joie, il n'a (presque) rien à lui envier.

Il y avait de quoi être sceptique quant aux qualités du dernier né de Philippe Haim, réalisateur du très médiocre Les Daltons en 2004. La quarantaine semble néanmoins bien mieux lui réussir parce qu'en l'espace de 4 ans, nous passons du coq à l'âne, d'Ed Wood à Steven Spielberg, de la mine de charbon aux monts enneigés.

L'histoire de Diane (Vahina Giocante) embrigadée par la DGSE pour infiltrer un réseau terroriste installé au Liban et projettant un attentat sur le sol français. S'étant subventionnée ses études en se prostituant, son recruteur Alex (Gérard Lanvin) l'estime apte à mystifier Al Barad (Simon Abkarian), un leader qui ne s'en laisse pas conter si facilement. Est-ce le bon choix d'envoyer une débutante pour arriver à ses fins ?
Parallèlement, l'histoire de Pierre (Nicolas Duvauchelle), looser accompli et dealer à la sauvette qui après un séjour en prison et parce qu'il aura de bien mauvaises fréquentations, finira par croire que son salut sera d'abord l'islam puis le terrorisme. Est-ce le bon choix de se radicaliser pour arriver à ses fins ?

Deux âmes que le Diable décide de s'offrir puisqu'elles sont à vendre et qui finiront par se croiser : Secret Défense est un exemple (a)typique de ce qu'est un montage alterné avec convergence (oui parce que bon, The Birth of A Nation de D.W. Griffith, ça commence à sérieusement dater) à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Le film prend le parti de nous montrer ces deux destins que tout oppose et qui pourtant finiront pourtant, après 1H30 de métrage, par être liés. Un montage astucieux qui n'est pas l'unique qualité du film de Philippe Haim.

Vahina hihahiha Vanihahihahihahoho

Oeuvre aux fondations solides grâce à un scénario documenté, crédible et plein de rebondissements dont aucun n'est de trop, Secret Défense se paie le luxe d'un casting 4 étoiles qui porte le long métrage vers les meilleurs horizons. Si Vahina Giocante ne peut semble-t'il s'empêcher de montrer sa poitrine à l'écran, ce qui lui sera à long terme dommageable (des actrices comme Sharon Stone sont des fleurs qu'on aimait à cueillir jusqu'à ce que le temps fasse son office), elle n'en est pas moins désarmante de justesse. Lanvin joue une partition dont il connait la musique depuis longtemps et Abkarian a déjà prouvé dans Casino Royale qu'il était un méchant de grande classe. La surprise vient donc de Duvauchelle, qui confirme enfin tout le bien que l'on pense de lui dans ce rôle de fils brisé, alternant avec efficacité un être rongé par la violence et par un mal de vivre qu'il tente de consoler à travers une mère qui ne supporte plus de voir son enfant se crucifier.

Secret Défense doit également beaucoup à sa mise en scène, maîtrisée de bout en bout et qui se paie le luxe d'éviter les fausses notes rythmiques. Les séquences tournées caméra à l'épaule sont à ce titre impressionnantes de lucidité, et l'on sent une réelle volonté à ne pas en faire trop tout en apportant de la nervosité là où cela est nécessaire. Il ne manquera au final qu'une ambition esthétique plus dense pour rivaliser avec le dernier film de Ridley Scott, mais n'aura pas à rougir de la comparaison d'un point de vue formel et scénaristique.

Métro - Bombe - Dodo

Pourtant beaucoup moins porté sur les scènes d'action que son homologue américain, Secret Défense n'en demeure pas moins divertissant, et la précision de sa mise en scène n'aura d'égale que l'intelligence du scénario dont chaque dialogue pourra avoir l'air d'un effet de style mais s'avèrera un précieux indice pour les évènements à venir car, chose de plus en plus rare de nos jours, le finale risque de vous surprendre. Un indice : méditez sur la réplique de Lanvin affirmant qu'un agent n'est pas un être humain mais une arme, et vous comprendrez que le script ne laisse rien au hasard.

Reste à espérer que les prochains films d'espionnage français retiennent la leçon et que le cinéma de notre métropole continue sur cette voie. Après Pour elle, cette fin d'année 2008 donne à sourire enfin. Pourvu que ça dure.

En bref : Un scénario bien ficelé et une mise en scène intelligente font de Secret Défense un des meilleurs films d'espionnage réalisés sur notre territoire. Une bonne nouvelle pour les spectateurs et pour la santé de notre cinéma qui aurait bien besoin d'autres claques de ce genre. On regrette néanmoins que la dimension esthétique du long métrage de Philippe Haim manque d'ambition, ce qui laisse à penser que la marge de progression reste conséquente. Un bon film dont on aurait tort de se priver.

Rang : B

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Caos Calmo  

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Première critique sur CinéBlog d'un film italien, cela se fête, d'autant que cette adaptation d'un best-seller local est loin d'être mauvaise.

Pietro (l'excellent Nanni Moretti) est frappé par le deuil son épouse Lara, et plutôt que de faire face au bouleversement de cette perte, il va se réfugier dans un univers échappatoire qu'il trouvera dans le parc en face de l'école de sa fille Claudia (Blu Di Martino). Devenu observateur du monde, attendant que la douleur le frappe enfin, il devient la proie des âmes curieuses tandis que sur son banc, lui apprend à les connaître.

Savant mélange de sensibilité et d'humour, Caos Calmo se ballade sur le terrain du microcosme / macrocosme façon Francis Ponge, mais souffre d'une mise en scène bancale et d'un peu trop de légèreté : certes le film sait se vouloir tantôt troublant, tantôt émouvant, mais il manque une bonne pincée de mélancolie pour que la recette soit complète.

Le plat n'est pourtant pas indigeste et se déguste avec plaisir, et hormis une scène érotique étrangement déplacée dans un contexte narratif ne s'y prêtant pas, le reste mérite le restaurant 2 étoiles. C'est qu'en Italie, on aime la Pasta !

Rang : C

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Le Jour où la Terre s'arrêta  

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On a parfois à tort mais souvent à raison repproché à Keanu Reeves d'être un acteur mono-expressif. Imaginez alors sa réaction lorsqu'il eut le script du Jour où la Terre s'arrêta, remake d'un classique des années 50 réalisé par Robert Wise, se disant qu'il pourrait faire dans la peau de Klaatu ce qu'il sait faire de mieux sur grand écran : tirer la tronche.

Mission réussie donc pour cette interprétation de Keanu Reeves qui n'en finit pas de décevoir en tant qu'acteur alors que le bonhomme on le rappelle a quand même tourné dans de très bons films, en vrac Point Break (1991), Dracula (1993), Beaucoup de bruit pour rien (1993), Speed (1994), L'Associé du Diable (1998), Matrix (1999) ou encore A Scanner Darkly (2006). Le Jour où la Terre s'arrêta de Scott Derrickson ne s'ajoutera hélas pas à cette liste, tant le long métrage fait peine à voir : tout y est mou, rapidement expédié, bourré d'effets spéciaux jusqu'à plus-soif, à peine approfondi malgré une idée de départ intéressante (les conséquences écologiques de la négligence humaine), et particulièrement mal monté : les ellipses empêchent les personnages de se construire et l'on a peine à croire qu'avec le peu qu'il verra, Klaatu se laissera convaincre du bien fondé de sa décision finale.

Reste Jennifer Connelly, qui quoiqu'elle fasse et ou qu'elle soit apporte toujours cette aura de choc et de charme qui s'imprègne sur la pellicule et nous ferait presque oublier que le film est un énorme raté. Presque.

Rang : D

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Burn After Reading  

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Retour des Frères Coen 11 mois après le très grand No Country for Old Men (logiquement plébiscité mais ironiquement incompris) à la comédie déjantée mais subtile et à l'humour noir mais loufoque. Une boucle qui se boucle enfin dans ce que l'on appelle "la Trilogie des idiots", entamée par le divin O'Brother (2000) et suivi du dispensable Intolérable cruauté (2003).

Habitués du genre, les Frères Coen oscillent malheureusement entre le bon (The Big Lebowski en 1998) et le moins bon (Ladykillers en 2004) et c'est donc tout naturellement que nous acceuillons dans nos salles non sans une pointe de méfiance Burn After Reading, film au casting de luxe (George Clooney, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton, Frances McDormand ou encore J.K. Simmons) mêlant critiques sur les obsessions et espionnage facétieux.

Ce qui demeure chez les Coen, c'est leur incroyable sens de la mise en scène au service d'une plume toujours autant acerbe sollicitant de grands comédiens dans un rôle à contre-emploi. Voir Brad Pitre faire le Pitt et George Clowney faire le Cloon peut justifier le déplacement, d'autant que les voir évoluer dans des rôles déconcertants est tout simplement jouissif.
Certaines situations nous permettent d'apprécier pleinement la crétinerie des personnages et l'on a un réel plaisir à s'amuser des obessions et du comique de caractère employé pour les dépeindre. Clooney par exemple se retrouve affublé d'une nouvelle obsession farfelue, puisqu'après les cheveux dans O'Brother et les dents dans Intolérable cruauté, Mister "What else ?" George est pris d'une soudaine envie de footing après... (après "vous le saurez en allant voir le film" !)

Laugh After Filming

Ce n'est cependant pas quelques répliques cultes et une avalanche de situations burlesques qui font d'une comédie un exemple du genre, et Burn After Reading, même s'il n'y prétend pas, n'en demeure pas moins plombé par une abondance de défauts, à commencer par son rythme poussif puisqu'après un long moment avant que tout ne se mette en place, le film s'emballe pour finalement tomber à plat. Une fin un brin négligée qui laisse à penser que les frères Coen ne se sont franchement pas foulés.

Pire encore, Burn After Reading est une comédie dont les péripéties sont peu nombreuses et où l'on compte sur les doigts d'une main les scènes où l'on rit franchement. Et ça, ça la fout mal.

En bref : Une histoire s'essouflant trop vite du fait de nombreux raccourcis, une mise en place lente et un finale vite expédié, un ensemble qui fait que Burn After Reading est davantage décevant qu'exaltant mais qui vaut néanmoins le détour pour le plaisir de voir des stars se crétiniser dans une comédie déjantée.

Rang : C

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Comme une étoile dans la nuit  

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L'amour, cette petite chose en soi qui prend une grande place dans notre existence. L'amour ici transcendé et mis à l'épreuve par l'irruption de la maladie. L'amour comme un flocon de neige, éphémère, caressant le pétale d'un iris à qui les printemps confèrent une durable beauté.

L'amour entre ces deux êtres qui frêmit face à la mort mais tel le bambou ne plie pas. Deux coeurs soudés faisant face à la tristesse et à la déchirure, l'une vivant son amour et l'autre aimant de son vivant. Beauté intemporelle et courageuse d'une femme appelée par la vie mais qui ne répondra qu'aux sirènes de l'amour. Ou quand l'amour se transforme en Amour, et résonne dans toute sa splendeur face à l'adversité, se nourrissant de sa lutte contre l'inexorable.

Un destin qui frappe mais n'enlève rien à l'état de grâce de ceux deux coeurs liés par la tragédie, l'espoir demeurant quand bien même le vent voudrait arracher à l'iris ses pétales. Incandescente relation que rien n'arrivera à ébranler, ni le doute, ni la peur, ni l'angoisse. Pas même la mort. Un amour qui brillera de mille éclats, Comme une étoile dans la nuit.

Rang : B

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